Article paru dans 20minutes, le 5 septembre 2014 | Anne Demoulin

De Tom Hanks à Lady Gaga, les stars développent leur business numérique

Moviestore/Rex/Sipa

Moviestore/Rex/Sipa

Le dernier carton de Tom Hanks n’est pas au box-office. L’acteur américain a lancé le 15 août une application, baptisée « Hanx Writer », qui permet de retrouver les joies (et les peines) d’un clavier de machine à écrire sur un iPad. Une semaine après, elle figurait en tête des téléchargements sur l’App Store d’Apple. Le jeu « Hollywood Kim Kardashian », lancé en juin par l’épouse de Kanye West, aurait déjà rapporté plus de 200 millions de dollars. A l’instar de Gwyneth Paltrow, Blake Lively, la star de « Gossip Girl », a créé son site de lifestyle business, Preserve. « Avant, les stars monnayaient leur image. Désormais, elles se perçoivent comme des marques et lancent de nouveaux business », résume Pierre-Louis Desprez, directeur général de Kaos Consulting, spécialiste en innovation de marques. Le rappeur Jay-Z, très actif dans le e-business, affirme d’ailleurs : « Mes marques sont les extensions de moi-même. »

VRP de luxe

Désormais, la star est partout dans le monde numérique : blogs, sites, réseaux sociaux… A la suite d’Ashton Kutcher, les célébrités hollywoodiennes ont appris à développer leur e-reputation sur les réseaux sociaux. Et certains sont mêmes devenus des champions. « Lady Gaga a un écosystème digital parfait, un cours de marketing lui est même dédié », rappelle Jean-Philippe Danglade, auteur de Marketing des célébrités (Dunod). Elles ont, comme le héros du film Jobs, joué les business angels dans la Silicon Valley. « La prise de participation à une entreprise d’e-business est une diversification comme une autre », note Jean-Philippe Danglade. Et aujourd’hui, elles se lancent dans l’e-business. Lorsqu’à 58 ans, Tom Hanks, collectionneur de vieilles machines à écrire, fournit trois pièces de sa collection comme source d’inspiration aux designers de l’agence Hitcents, il réalise une bonne opération de personal branding. « L’appli donne un coup de jeune à l’acteur. Le produit sur lequel il appose son nom est en cohérence avec ce qu’il incarne », note Pierre-Louis Desprez. « La cohérence est impérative. Quand une sportive comme Maria Sharapova lance une marque de bonbons, elle est critiquée », poursuit Jean-Philippe Danglade. « Aux Etats-Unis, les stars jouent désormais le rôle de VRP de luxe de la Silicon Valley et participent à l’hégémonie américaine », conclut Pierre-Louis Desprez. Pas étonnant car chez l’Oncle Sam, quand un Américain vous parte de « THE Industry », il désigne Hollywood.

Le Goop de Gwyneth Paltrow

Avec son site Goop, Gwyneth Paltrow vend un mode de vie, le sien. « Les fans, ses clients, vont acheter ses produits pour s’identifier », commente Pierre-Louis Desprez. Malgré l’affluence record enregistrée sur le site de l’actrice après l’annonce de sa séparation d’avec Chris Martin, Goop affichait en avril un déficit de 1,2 million d’euros et le PDG quittait le navire. « Même entourées d’une équipe, les stars n’ont pas toutes l’âme d’un patron », estime-t-il.

http://pdf.20mn.fr/2014/quotidien/20140905_FRA.pdf

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